Risque, décision collective, diffusion de l’information autour des questions énergétiques (RDCDI)

Les enjeux de la transition énergétique vont très au-delà des questions d’efficacité énergétique, de stockage ou, de façon plus générale, de problèmes seulement technologiques. Ils impliquent le sujet des représentations collectives, de l’usage voire du détournement par les individus des outils qui accompagneront cette transition. Pour éclairer ces processus le problème sera abordé sous trois aspects. D’abord, celui de l’enquête socio-anthropologique fondée sur des questionnaires visant à cerner les représentations concernant les choix d’une transition énergétique à une échelle territoriale (individuelle, communale, régionale, nationale). Ensuite il s’agira d’évaluer expérimentalement l’efficacité des délibérations collectives pour parvenir à une décision si ce n’est optimale du moins cohérente. Ces dispositifs de recherches permettront d’éclaircir la façon dont les arguments se déploient, sont mémorisés et enfin s’imposent dans les groupes. Enfin, éclairé par cette phase expérimentale, il s’agira de développer une modélisation multi-agent qui tentera de cerner la façon dont ces informations peuvent se diffuser dans l’espace public et structurer les débats à travers des situations éventuellement controversées. A quel type de résistance, de revendication voire de malentendus faut-il s’attendre sur ces questions complexes ?

La deuxième partie de l’enquête concerne les processus de l’intelligence et de la décision collective à l’œuvredans les processus de démocratie délibérative. Plusieurs variables peuvent être incluses dans ces protocoles : la présence d’expert(s) dans l’échantillon de délibérants pour évaluer leur impact, le choix d’un thème plus ou moins polémique ou, au contraire, d’un thème neutre… Nous avons choisi dans ces expérimentations de travailler avec des groupes de 4 personnes. Les thématiques porteront sur des enjeux énergétiques : nucléaire, éolien, biomasse… Mais dans la première phase expérimentale qui s’achève, il s’agissait de tester deux types de situations cognitives bien distinctes. L’avantage de ces deux situations est qu’elles ont été testées à grande échelle sans délibération (c’est-à-dire en agrégeant les réponses individuelles recueillies séparément). Par conséquent, cette première phase épurée nous offre de comparer les performances à certains tests classiques dans le cas des réponses individuelles et de réponses collectives. Ces situations typiques étant, d’une part, celle de la dispersion attendue des réponses autour d’une valeur de centralité (test de Galton) et, d’autre part, celle de la convergence des réponses vers des points erronés (biais cognitifs).

Ces situations typiques, quoiqu’épurée, peuvent aisément être mise en perspective avec des questions classique de la perception du risque en matière énergétique. Elles offrent aussi la possibilité d’une modélisation (par exemple sous la forme d’équation auto-regressive) concernant l’apparition d’un consensus dans un groupe.