Projet Olizero

(P. Silar et M. Cohen, G. Lepesant, dans le cadre du projet SPC « Énergies de demain »)

Le projet initial unit les efforts de biologistes du LIED (P. Silar et coll.) et de chimistes (M. Dicko et coll., U. Paris-13) et géographes (M. Cohen, G. Lepesant et coll., LADYSS et Géographie-Cités U. Paris-Diderot). Il visait à utiliser un processus innovant de prétraitements fongiques couplés à une extraction par pyrolyse de molécules d’intérêt par des acteurs locaux, en relation avec les politiques d’incitations européennes. La biomasse initiale était les résidus de la taille des oliviers dans une région espagnole de monoculture de ces arbres, la Sierra Magina. Au moment de la formulation du projet, elle était intégralement brulée. A l’issue d’une enquête sociologique sur le terrain, il s’est avéré qu’un traitement fongique serait considéré comme inacceptable par les acteurs et que les résidus n’étaient plus brulés mais compostés au pied des arbres (ce qui les valorise comme engrais contrairement à leur incinération). L’enquête a montré que le compostage n’est probablement pas une bonne idée à long terme car les résidus contiennent des champignons potentiellement pathogènes de l’olivier. La dynamique interdisciplinaire du projet l’a donc fait évoluer tel (cf. Fig. 14). Il a fait l’objet d’une présentation à la « 4th International Conference on Sustainable Solid Waste Management, Limassol, 23–25 June 2016 », publiée par la suite dans un numéro thématique du « Journal of Environmental Management ». Le projet SPC ayant été prolongé, la participation du LIED se poursuit via une collaboration interdisciplinaire génétique/biochimie/chimie avec M. Dicko pour mieux comprendre l’impact de l’action des champignons sur les molécules (valorisables ou au contraire dommageables) présentes dans la biomasse après un traitement fongique.

 

 

schéma de fonctionnement du projet OLIZERO. Les géographes ont analysé la faisabilité et le tonnage de la collecte des résidus de taille d’oliviers, ainsi que les pratiques et les attentes des acteurs locaux. En parallèle, ils ont analysés en quoi le projet répond aux demandes de l’Union Européenne. Les biologistes ont averti sur les risques potentiels du compostage et les chimistes ont mis au point une méthode d’extraction en deux étapes de molécules à haute valeur ajoutées. Un des produits finaux du processus est le biochar stérile qui peut être réintroduits dans les sols comme engrais, suppléant ainsi à moindre risque le compostage.