SEM_14_01_2014
Article mis en ligne le 7 novembre 2013
dernière modification le 9 décembre 2013
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SÉMINAIRE THÉMATIQUE LIED DU MARDI APRES-MIDI
Thème « Résilience, urbanisme et énergies »
Le 14 janvier, de 14 à 17 heures, salle 454 A du bâtiment Condorcet


14h : Damien Serre (Géographe, LIED)

La ville résiliente : du concept à la mise en oeuvre

Depuis les années 2000, le concept de résilience fait son apparition en géographie, urbanisme et gestion des risques car le concept de vulnérabilité montre ses limites dans la compréhension et la réduction des risques. De nombreuses réflexions, études, écrits, séminaires… exposent l’intérêt de la résilience qui a notamment pour atout d’approcher le risque d’une manière globale, intégrée et systémique. Même si l’intérêt de la notion est évident les actions d’évaluation opérationnelle ou de mise en œuvre du concept de résilience restent très rares. Dès lors, on peut se demander ce qui manque pour que la résilience puisse trouver les moyens de sa transcription :

• La science pourra-t-elle aboutir à concevoir la ville résiliente ?

• Pourra-t-on intégrer enfin la question des risques dans l’aménagement de manière systématique ?

• Pourra-t-on permettre à la ville de fonctionner en mode dégradé pendant les crises en maintenant des niveaux minimums de fonctionnement des systèmes liés à l’énergie ?

14h30 Damienne Provitolo (Géographe, Géoazur)

Analyse des risques au regard de la résilience

Devenues des notions phares du domaine des risques, des catastrophes et du changement climatique depuis une vingtaine d’années, la vulnérabilité et la résilience connaissent un véritable engouement sur la scène scientifique nationale et internationale mais aussi auprès des acteurs institutionnels en charge de prévenir et gérer les territoires exposés aux risques et catastrophes. Si ces deux concepts semblent ne pouvoir se comprendre que l’un par rapport à l’autre, ils restent polysémiques, notamment de par leur appropriation par des champs disciplinaires variés. Le concept de vulnérabilité recouvre diverses acceptations qui ont en commun d’intégrer l’idée de choc subi par un événement extérieur et une notion de fragilité, de difficulté à s’en défendre. Mais les sociétés possèdent aussi la capacité de résister, de s’adapter ou d’innover. Les catastrophes les perturbent, mais les font rarement disparaître. La résilience illustre cette capacité.

Il s’agira notamment d’apporter un éclairage aux questions suivantes : de quels cadres méthodologiques disposons nous pour analyser la résilience des systèmes « socio-écologiques » ? Existent-ils des déterminants propres à la vulnérabilité et à la résilience des sociétés et des territoires ? À quelle(s) échelle(s) spatiale(s) et temporelle(s) penser la résilience ? Ces notions de vulnérabilités et résiliences sont-elles opératoires pour aider les acteurs institutionnels à prévenir et gérer les risques et les catastrophes ? Quels types de stratégies développer pour accroître la résilience des territoires ? Quels comportements adopter ?

15h Pause café

15h30 Stéphane Douady (Physicien, MSC)

Forme hiérarchique et organique des villes : un sélection humaine ?

En analysant les plans de ville, on observe la prédominance d’un certain type de structures, celles correspondant à une croissance organique, par additions successives, qui crée un structure hiérarchique particulière, et ceci quelles que soient les époques et même les cultures.

Même quand la ville est "planifiée", cela ne correspond qu’à une petite partie, qui va se fondre dans la mosaïque organique globale. On pourrait penser que ce type de structure est juste un héritage de l’histoire, dont nous somme prisonnier. Mais les différentes tentatives de s’en extraire ont trop souvent été soldées par des échecs. Faut-il donc conclure que c’est aussi ce type de structure qui est sélectionné par l’homme-usager lui même ? Auquel cas il faut tenir compte de ses choix et résistances profondes dans la conception de nouveaux plans.

16h Jonathan Rutherford (Géographe-urbaniste, LATTS)

Transitions énergétiques urbaines

Alors que quasiment tous les aspects du fonctionnement urbain dépendent par nature de l’accès aux flux et aux circulations d’énergie, les acteurs urbains semblent intervenir de moins en moins dans la production, l’organisation et la gestion des énergies. Dans le même temps, tandis que les villes sont des lieux de consommation élevée, et de fait, auraient une influence directe sur la nature et la forme des systèmes énergétiques dans leur ensemble, les acteurs responsables de ces systèmes négligent généralement la dimension urbaine, ne considérant les villes que comme les derniers maillons d’une chaîne qu’il suffit d’approvisionner.

Cette présentation du sujet conduira à interroger la relation profondément ambivalente entre l’énergie et l’urbain. A l’heure des transitions énergétiques (de formes diverses) qui cherchent à engager nos sociétés sur des voies (multiples, contestées) de changement radical et systémique, cette relation ne devraient-elle pas être repensée ? L’exposé cherchera à se démarquer des approches (politiques et académiques) qui voient la ville soit comme une entité ou une échelle fixe, dans laquelle une part toujours plus importante de l’énergie est utilisée, soit comme un cible d’une transition énergétique normative et définie à une autre échelle, soit encore comme un instrument de sa mise en œuvre. Cette intervention explorera donc plutôt comment les transitions énergétiques reposent toujours, au moins en partie, sur des processus, pratiques et changements urbains. Elle déboulonnera ainsi le mythe (convenu et post-politique) d’un seul scénario de transition énergétique, unique et générique, auquel les contributions des villes sont attendues et vers lequel tous pourraient ou devraient converger. Quelles sont les répercussions analytiques et pratiques d’une approche urbaine intégratrice qui n’extériorise pas (en dehors de l’urbain) le changement sociotechnique ? Et les transitions énergétiques ne s’opèrent-elles pas par des transformations urbaines dont il convient d’étudier les formes et les répercussions sociopolitiques ?

16h30 Débat final.

Animateurs : Petros Chatzimpiros (Socio-écologue, LIED) ; Mireille Ferri (Conseillère régionale, vice-présidente de l’IAU IdF) ; José Halloy (Modélisateur, LIED)




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