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Article mis en ligne le 8 novembre 2013
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Thème : « Risques et peurs technologiques contemporaines »

Le 16 avril, de 14 à 17 heures, salle 454A du bâtiment Condorcet.


14h Jocelyn Raude (sociologue, EHESP)

Les cadres d’analyse des comportements humains face au risque : une conception trop étroite de la rationalité ?

Dans la pensée philosophique contemporaine, la définition de la rationalité humaine est indissociable de celle du « risque » dont elle partage les cadres conceptuels. Dérivées de la théorie des jeux, ces deux notions émergent dans une longue correspondance entre Pascal et Fermat qui sera à l’origine de la « géométrie du hasard », c’est-à-dire des principes fondamentaux des statistiques et des probabilités qui étaient largement inconnus jusqu’alors. A la suite de Pascal, les mathématiciens-philosophes des lumières vont progressivement faire du principe de l’espérance mathématique – qui permet de maximiser les chances de gain et minimiser les risques de perte – et de la proportionnalité le critère fondamental de la rationalité humaine. Toutefois, cette définition relativement étroite de la rationalité va faire l’objet d’importantes critiques dès le début du XVIIIème siècle, notamment en raison de la multiplication des anomalies empiriques. Ainsi, le paradoxe de Bernoulli montre que les esprits les plus éclairés de cette époque n’appliquent pas nécessairement pour eux-mêmes les principes normatifs qu’ils préconisent dans leurs écrits. Ces paradoxes seront un temps résolus par l’introduction de la notion d’utilité dans la pensée philosophique, notion qui deviendra au cours du XIXème siècle le concept central de l’édifice théorique de la discipline économique naissante. La définition classique de la rationalité humaine va également s’imposer dans la plupart des disciplines scientifiques, de la psychologie jusqu’à l’intelligence artificielle, qui s’intéressent aux comportements individuels et collectifs face au risque. Dans notre exposé, nous montrerons toutefois pourquoi cette approche étroite de la rationalité – si elle est toujours largement mobilisée par les élites sociotechniques actuelles – est apparue de moins en moins pertinente à partir des années 70. La multiplication récente des crises, ainsi que des controverses sanitaires et environnementales, permet en effet mettre en lumière les insuffisances et les limites des cadres conceptuels sur le risque et la rationalité, tels que nous les avons hérités des mathématiciens-philosophes des lumières, pour penser les sociétés et les défis du XXIème siècle.

15h Pause café

15h30 Daniel Boy (Socio-politiste, Sciences-Po)

Le risque climatique : évolutions de l’opinion en France

Depuis l’année 2000, l’ADEME réalise chaque année une enquête par sondage sur les représentations sociales de l’effet de serre et du réchauffement climatique auprès d’un échantillon de 1000 personnes représentatif de la population âgée de 15 ans et plus. Le suivi d’une série de questions posées de façon strictement identique dans ces enquêtes permet de dessiner assez précisément les évolutions des perceptions sociales relatives à ces phénomènes en particulier sur les points suivants :

- la connaissance et la compréhension des mécanismes en jeu dans le réchauffement

climatique a-t-elle évolué sur la période ?

- comment le public perçoit il les positions de la communauté scientifique en matière de réchauffement climatique ?

- au total dans quelle mesure le public attribue-t-il le réchauffement climatique à un effet anthropique plutôt qu’à un effet naturel ?

- ces perceptions ont elles varié et ont elle été sensibles au déroulement des polémiques publiques de ces dernières années ?

- quelles solutions (en termes de régulations publiques et / ou en termes de changements de comportements privés) semblent socialement acceptables ?

16h30 Discussion animée par Gérald Bronner (Sociologue, LIED), Anne Corcos (Economiste, université de Picardie), Nicolas Gauvrit (Didacticien, université Paris Diderot)




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