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Article mis en ligne le 3 mars 2014
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SÉMINAIRE THÉMATIQUE LIED DU MARDI APRES-MIDI

Thème « Du terrain à la modélisation en SHS »

Le 13 mai, de 14 à 17 heures, salle 454 A
Bâtiment Condorcet du campus Paris Diderot


La modélisation est bien souvent confondue avec « mathématisation », exercice formel avant même toute approche qualitative tirée des données de terrain. Loin de cette caricature, la première partie de ce séminaire tentera de mettre en scène une modélisation « en va et vient », à travers deux exemples complémentaires, de façon à jeter des ponts méthodologiques entre chercheurs en sciences sociales et en sciences dites « dures ». Le premier exemple porte sur un sujet abouti, le deuxième sur un sujet au stade de la collecte des données. Les intervenants procéderont en deux duos, avec pour ambition de susciter des questions. Alimentée par ces exemples, la seconde partie commencera par une table ronde débouchant sur un débat dans la tradition du LIED.

  • 14h Philippe Bonnin (Architecte/Anthropologue, LAVUE) et Stéphane Douady (Physicien, MSC)

Le développement des villes est-il une sélection humaine ?

Tout véritable travail interdisciplinaire conduit à évacuer les visions réciproquement caricaturales et provocantes : les sciences humaines, « molles », « incapables de quantifier et encore moins de modéliser », « purement discursives » mais détentrices exclusives de la sensibilité et de l’esprit critique, alors que les sciences « inhumaines », « dures », « incompréhensibles car non sensibles » auraient la prétention à elles seules du savoir-faire et de la performance en matière quantitative et modélisatrice. Pourtant, comme le montrent quelques exemples « indisciplinés » - dont celui de notre équipe, composée de scientifiques relevant institutionnellement de disciplines aux extrêmes de l’éventail déployé par le CNRS (section 2 en Physique Théorique, section 39 en sciences de l’espace habité) - on peut produire un travail véritablement symbiotique, qui ne soit pas seulement une simple juxtaposition.

Il ne s’agit pas d’emprunter un discours "humanisant" pour couvrir d’oripeaux séduisants un modèle trop stérile, ni d’emprunter une capacité "quantitative" pour impressionner son monde ou pour résoudre des petits problèmes techniques sans intérêt, mais de construire une vision et une approche transversale sur un objet qui devient alors commun. Cela consiste par exemple à adopter la recherche de généralité et de simplification de la modélisation physique, pour éviter le risque de se diluer dans la description des différences subtiles mais sans fin, écueil des "sciences naturelles". Il faut alors chercher à appréhender les phénomènes sociaux essentiels, en nombre aussi limité que possible, mais qui permettent déjà de décrire cette partie essentielle de l’objet. Cela conduit à se plonger dans les véritables processus humains sous-jacents, qui eux seuls peuvent donner sens aux processus décrits par les physiciens de manière formelle dans leur modèle. Le modèle n’est ainsi qu’un outil de dialectique permettant un dialogue entre disciplines et, concrètement, entre l’idée d’un mécanisme et l’expression de son résultat à confronter avec la réalité. En travaillant véritablement en commun, on parvient alors à se forger une identité mixte, dans l’espace libre entre les deux disciplines, sur un objet réinventé.

L’exemple portera sur la forme hiérarchique et organique des villes. Procède-t-elle selon une sélection humaine ?

  • 14h40 Mathieu Arnoux (Historien, LIED) et José Halloy (Modélisateur, LIED)

L’Histoire peut-elle aider à modéliser la transition énergétique ?

En première approximation, alors que les mots et les chiffres de l’historiens composent en récit ex-post des faits supposés exacts, ceux du modélisateur décrivent ou racontent des évènements fictifs, puisque susceptibles de se produire. Leur travail commun ne peut donc donner un résultat à l’intersection de leurs domaines respectifs, puisque ceux-ci n’ont pas d’intersection !

La présentation d’une enquête menée en commun sur l’évolution dans la très longue durée (XIIe-XIXe siècle) d’un système énergétique fonctionnant à l’échelle régionale n’a donc pas l’ambition de produire un récit ou un scénario rétrospectif. La présentation par les deux chercheurs d’exemples de données et de proposition de traitement de celles-ci, selon les diverses méthodes qui sont à leur disposition, permettront de voir comment la prise de risque que comporte la projection du modélisateur conduit à un accroissement de la zone de certitude de l’historien et comment le traitement prédictif de faits déjà advenus permet de donner à l’activité de modélisation une autre dimension.

15h Pause café.

15h30 Table ronde : que feraient les SHS sans les modèles ?

Outre les intervenants, Denise Pumain (Géographe, Géographie Cités) et Gérard Dubey (Socio anthropologue, CETCOPRA)

16h Débat final. Animateurs : Patricia Bordin (Géomaticienne, LIED), Guillaume Grégoire (Modélisateur, MSC)



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