AXE TER2
Article mis en ligne le 4 décembre 2015
dernière modification le 11 décembre 2015
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AXE TER2 : Dynamiques du long terme et transitions énergétiques

L’équipe : M. Arnoux (PR, Coordinateur), Cécilia Bobée, J. Halloy, E. Kim, P. Bordin, F. Bardoneschi, P. Chatzimpiros


La recherche actuelle sur les problèmes de transition énergétique est plutôt à visée prospective et prescriptive qu’analytique et descriptive, par conviction tacite ou explicite que les problèmes rencontrés par notre époque sont sans précédent. Lorsque la dimension diachronique de la transition est prise en compte, c’est le plus souvent en la réduisant à l’étape finale du passage aux combustibles fossiles qui a accompagné la révolution industrielle. Pourtant, l’observation de longue durée des phénomènes de développement met en évidence de multiples épisodes de transition énergétique qui ont conditionné la mise en place des dispositifs durables de croissance.

Dans le contexte européen, les villes et leurs hinterlands offrent un terrain propice à l’observation de ces évolutions. La demande urbaine d’énergie exerce en effet une influence structurante sur l’environnement et l’organisation des territoires. L’emprise forestière nécessaire pour satisfaire la demande de bois de chauffe en est un exemple et a constitué jusqu’à la révolution industrielle un critère de définition des espaces périurbains. Parallèlement, l’équipement énergétique des cours d’eau et les moulins à vent ont eu des répercussions durables sur le développement des villes. Ils illustrent le caractère systémique et les liens complexes de rétroactions entre aménagements et développement. Dès le XIIe siècle, les cours d’eau des régions septentrionales de l’Europe portent un équipement serré de roues hydrauliques, utilisées à l’origine pour la meunerie, complété à partir du XIIIe siècle par un maillage plus ou moins dense de moulins à vent remédiant aux problèmes d’intermittence qui affectaient les installations hydrauliques en cas de sécheresse, gel ou guerre. Sans doute complet, dès les années 1250, cet équipement énergétique, dont la part affectée à la meunerie variait selon les périodes, en particulier avec l’évolution de la population, a constitué à la longue une structure essentielle au fonctionnement économique des villes. L’industrialisation française au XIXe siècle s’est ainsi constituée pour une large part par une intensification de la production d’énergie hydraulique, en particulier par la substitution de turbines aux roues à aubes.

Ces phénomènes ont fait l’objet d’études locales pour des périodes limitées, qui ont permis de les mettre en relation avec des évolutions spécifiques. Pour autant, les études sur les transitions peinent encore à formaliser un cadre systémique où puisse apparaître la dynamique des évolutions. Il faut recourir pour cela à un montage interdisciplinaire ambitieux, permettant de mettre en évidence les systèmes qui ont pu se succéder dans un même territoire et les conditions de leur évolution. De telles enquêtes doivent résoudre les problèmes que posent la collecte et l’exploitation d’informations hétérogènes, leur intégration dans un ensemble cohérent de données et leur interprétation en termes de systèmes, de manière à ce qu’elles puissent se prêter à des comparaisons pertinentes.



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