Réacteurs à Neutrons Rapides : Passé, Présent, Futur
Article mis en ligne le 25 août 2017
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SÉMINAIRE THÉMATIQUE LIED DU MARDI APRES-MIDI

Thème « Réacteurs à Neutrons Rapides : Passé, Présent, Futur  »

Le mardi 17 octobre de 14 à 17h30 heures, salle 454 A du bâtiment Condorcet de Paris-Diderot. Un café d’accueil sera servi à partir de 13h30

Ce séminaire traitera de la recherche sur les réacteurs à neutrons rapides, essentiellement en France, d’un point de vue historique, sociologique, scientifique et technologique.

14h. Joël GUIDEZ (Physicien, CEA)

Les réacteurs rapides à sodium, un désespoir technique pour les partisans d’une sortie du nucléaire.

De quoi a besoin l’humanité dans les siècles à venir ? D’une énergie quasi inépuisable, non aléatoire ou intermittente, ne produisant ni CO2, ni gaz ou poussières, sans rejets et avec des déchets finaux et définitifs extrêmement réduits.

Or nous verrons que sur tous ces points la réponse technique et opérationnelle est le réacteur rapide à sodium qui peut produire pendant des milliers d’années notre électricité avec des produits déjà stockés et disponibles aujourd’hui en France, tout en brûlant la plus grande partie (plus de 96%) des déchets produits par les réacteurs actuels

On fera un bilan de l’expérience française en ce domaine et des réacteurs rapides sodium en opération ou en projet dans le monde, pour tenter de convaincre sur le fait, que ces réacteurs ne sont pas au nucléaire ce que les zeppelins étaient à l’aviation.

14h40 Claire LE RENARD (Sociologue, EDF)

Superphénix ou le futur passé d’un prototype industriel : enseignements d’une recherche en sociologie des sciences et techniques

Que peut-on apprendre d’un retour sur un projet controversé ? Comment surmonter des clivages trop simplistes, pour comprendre les causes de la fermeture d’un « prototype industriel » sur lesquels les récits tranchés abondent ? Quelles implications pour notre manière de penser le futur énergétique et le développement technologique ?

Cette intervention reviendra sur certains enseignements d’une enquête autour de la technologie des réacteurs à neutrons rapides et de son prototype industriel Superphénix situé à Creys-Malville.

Cette technologie est spécifique au sein des « filières » électronucléaires : dans l’imaginaire socio-technique de ses promoteurs, elle constituait le moyen de se prémunir contre une crise énergétique inéluctable. La contestation et la critique furent elles aussi spécifiques de cette filière qui se différencie des autres par ses caractéristiques physiques, ses coûts, voire ses implications politiques en termes de cycle du combustible nucléaire impliquant le plutonium. Enfin, à partir du début des années 1990, le rôle du « prototype industriel » Superphénix fut publiquement discuté, évalué et revu dans des dispositifs d’expertise pluraliste alors novateurs.

L’intervention articulera les dimensions du projet (scientifique, économique, industriel, …) à travers une périodisation de son histoire.

15h20 Pause-café

15h50 Sylvain DAVID (Physicien, CNRS)

La rhétorique des réacteurs rapides à l’épreuve de la physique de la régénération

Les réacteurs rapides, notamment ceux refroidis au sodium, promettent de produire une énergie nucléaire durable par la mise en place de la régénération du plutonium, voire en brûlant les déchets produits par les réacteurs actuels. Nous proposons ici de revenir sur les lois physiques de base qui gouvernent l’évolution du combustible en réacteur et notamment la mise à l’équilibre du plutonium fissile en mode multirecyclage. Une comparaison du cycle Uranium/Plutonium entre les spectres thermique et rapide permettra par exemple de discuter des inventaires de matière fissile nécessaire au fonctionnement des réacteurs rapides, de la capacité ou non de les déployer, et surtout de revisiter les arguments liés à la question des déchets induits par les filières régénératrices en prenant en compte à la fois les déchets produits et les inventaires de matière en cycle. Nous tenterons d’élargir cette discussion aux actinides mineurs, et montrerons que le spectre rapide n’est pas toujours le plus efficace pour transmuter l’américium, qui joue un rôle important dans les déchets nucléaires actuels ou des réacteurs futurs.

16h30 Débat final. Animateurs : Mathieu BRUGIDOU (Sociologue, EDF), Jacques TREINER (Physicien, LIED)




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